Ecouter, simplement écouter et, l'espace d'un instant, faire le vide et s'abandonner pour se laisser envahir....
Un régal, quand c'est l'original.....
CONFORMEMENT A UNE SUGGESTION D'YVETTE, JE REPRODUIS
CE TEXTE DE 2007
LE DOIGT SUR LA BIBLE
Contrairement à beaucoup d’institutions de l’époque, le collège franciscain auquel mes parents eurent la clairvoyance de confier mon éducation, fut un pôle d’épanouissement pour de nombreuses générations d’étudiants.
Ceux qui fréquentaient le pensionnat recevaient de cette institution catholique une éducation chrétienne empreinte d’hellénisme et de latinisme d’une rare qualité, enrichie par l’étude des textes bibliques et évangéliques.
Les professeurs, des religieux encore pour la plupart, derniers survivants de la race des « maîtres », cultivaient avec entendement et pédagogie l’analogie entre le message des textes anciens et les réalités du monde moderne qui parvenaient à se faufiler entre les lézardes du symbolique mur d’enceinte.
La Bible constituait alors la référence du savoir. Les étudiants de dernière année avaient le privilège, après l’étude du soir, d’obtenir individuellement audience auprès du Père Directeur afin d’enrichir auprès de lui et au contact de son érudition, leurs connaissances bibliques.
Les bons pères parfois accueillaient par charité dans leurs murs, d’étranges hôtes, passagers du néant ou égarés du présent qui, avant le couvre-feu, promenaient en silence et à pas lents leurs mystères.
L’on devinait au secret qui entourait leur présence qu’ils n’appartenaient pas à la classe de nos éducateurs, même s’ils portaient comme eux la bure et la corde nouée.
Je me souviens de l’étrange rencontre que je fis avec l’un deux, un soir, alors que j’attendais, la Bible sous le bras, que le Père Directeur m’autorisât à franchir la porte de son bureau et m’invitât à une conversation improvisée pour laquelle je n’avais pas sollicité la faveur d’un rendez-vous.
Alors que je me tenais debout devant la porte qui d’une minute à l’autre allait s’ouvrir, un inconnu émergea des sombres profondeurs de la clôture, cet espace réservé aux pères. Je l’entendais s’approcher, non au bruit de ses pas, mais à l’entrechoquement des boules en bois du grand chapelet qui généralement pend à la taille des religieux de l’ordre franciscain.
Le tintement du chapelet qui s’amplifiait s’arrêta net à ma hauteur. Le silence s’installa.
Pas du tout rassuré, j’actionnai l’interrupteur électrique à ma portée. Le plafonnier diffusa avec hésitation la lumière froide et tremblotante des premières lampes au néon de l’époque et me fit découvrir un visage dont la pâleur contrastait avec le capuchon pointu d’étoffe brune qui le couvrait. On l’aurait dit sorti tout droit d’un des plus célèbres romans d’ Umberto Eco.
L’étrangeté du personnage était accentuée par une barbe grisonnante, qu’il portait longue et frisée, à la manière des guerriers assyriens de nos manuels d’histoire.
Ses lèvres minces et humides qui trouaient l’abondante pilosité émirent quelques mots secs et hachés prononcés avec un fort accent flamand. Je compris de mon interlocuteur qu’il souhaitait savoir ce que je faisais là et, comme je tardais à lui répondre, il manifesta son insistance par un mouvement de tête pas vraiment amical.
Mon explication fut confuse, troublé que j’étais par cette apparition insolite, et j’implorai des yeux sa clémence pour le piètre exercice oratoire que je venais de livrer. En guise de réponse il caressa plusieurs fois sa longue barbe, comme pour nourrir la réflexion dans laquelle il s’était plongé.
Il en émergea quelques secondes plus tard, avec un énigmatique sourire dont il se départit rapidement pour me donner un ordre dans un français mal maîtrisé, broyé par le roulement des « r » caractéristique des Flamands.
Alliant le geste à la parole, afin de mieux se faire comprendre, il m’intima d’ouvrir la Bible calée sous mon bras, de poser, les yeux fermés, mon doigt sur un paragraphe et de le lire à haute voix. Comme j’hésitais à m’exécuter, il m’encouragea d’un hochement de tête et d’un sourire entendu, comme si l’homme fondait sa conviction sur un hasard bien préparé et connu de lui seul.
Je lus d’abord en silence le texte que j’avais pointé du doigt et levai la tête, interloqué et incrédule, vers la porte qui se s’ouvrait décidément pas, puis vers le religieux qui attendait, avec un lumineux sourire cette fois, que je lui fisse la lecture d’un texte dont manifestement il connaissait la teneur.
Mal assuré, je relus à voix haute comme il me l’avait demandé, les paroles d’Héli, extraites du Premier Livre de Samuel, Chapitre 3, verset 1, sur lesquelles mon index s’était arrêté : «Va te coucher, mon fils, je ne t’ai pas appelé ».
Visiblement satisfait, le religieux me fit un signe de la main pour prendre congé et s’éloigna, me laissant dans une perplexité qui ne m’a jamais quitté et dont, par cette narration, je vous fais partager le trouble….
GUY RAU
TOURNAI Belgique
18 janvier 2006
Petit cadeau pour MAUD qui m'a confessé n'avoir jamais été en Belgique. Je l'invite à ce petit voyage sur une cèlèbre chanson de Brel, dans une version peu écoutée.
Dit is ook een geschenk voor mijn andere vriendin op de Web, GENE (FREESIA), met mijn beste groeten uit ons Vaderland België.
Un clin d'oeil aussi à tous les Belges de nos communautés VOX, du WEB et du monde.
GUY TOURNAI BELGIQUE
photos empruntées à "Google images"
L'innocence de l'enfance donne une leçon magistrale très écoutée. Sera-t-elle entendue ? En tout cas, cette vidéo fait le tour de la terre, preuve que les citoyens du monde sont en attente....
Let's hope a child voice can contribute to bring some change in our world.
ENFANTS ET GIBIER, QUELLE DIFFERENCE !
Je me levai tôt en ce matin de Noël 1997, l’âme triste et le cœur lourd.
Le réveillon de Noël ne fut pas comme les autres, entaché par le souvenir du douloureux fait divers connu sous l’appellation « l’affaire Dutroux ». La naissance de l’Enfant, que nous fêtions d’habitude dans la douce intimité de notre demeure décorée, nous parut dérisoire cette année là : les lumières de Noël scintillaient sans éclat sur nos cœurs assombris et, avec la nation entière, nous portions le deuil de l’enfance martyrisée.
Deux petites filles, Julie et Melissa, avaient été enlevées, séquestrées, violées pour finalement mourir de faim et de soif dans une cachette sordide, puis enterrées comme des bêtes dans le jardin du criminel.
L’affaire fut instruite par une justice incroyablement tolérante à l’égard des dysfonctionnements de son système et particulièrement odieuse à l’égard des parents éprouvés. La population était au bord de l’insurrection. Moi aussi.
Je pris mon chien Horace et gagnai la campagne proche. Le soleil se levait et du sol gelé émergeaient les petites pousses vertes de blé d’hiver dont la lumière rasante du matin projetait l’ombre allongée. J’avançais avec précaution entre les lignes de blé afin de ne pas abîmer le travail de l’agriculteur. Je lâchai le chien et le laissai gambader à sa guise. Je marchais en songeant au calvaire des petites filles.
J’allais emprunter un chemin longeant le champ de blé que j’arpentais, quand je vis déboucher le 4x4 pétaradant du garde-chasse. Je rappelai Horace et l’obligeai à se maintenir près de moi. Le garde-chasse accéléra dans ma direction et s’arrêta, pour barrer le chemin que je comptais prendre. Il sauta de son véhicule et s’avança si précipitamment que je dû retenir par le collier mon compagnon, qui, me croyant agressé, s’apprêtait à bondir.
Je me doutais bien que le garde-chasse n’avait pas l’intention de me souhaiter une bonne fête de Noël mais là, il cherchait manifestement par son attitude provocante à faire réagir le chien pour me prendre en défaut. Je maintins fermement l’animal par le collier, car je flairais le piège. « Vous devez tenir votre chien en laisse », me lança-t-il sèchement. Je ne répondis pas, et cherchai une réplique qui ne vint pas, tant j’étais absorbé par mes pensées.
Comme je ne réagissais pas, il poursuivit : « vous devez tenir votre chien en laisse, c’est la loi et j’ai les moyens de la faire respecter car je suis un agent assermenté de l’Etat… ».
La menace arrogante à l’égard d’une faute mineure, m’éveilla brusquement et suscita en moi une froide colère que je réprimai néanmoins. Je mesurai avec dégoût et mépris cette réalité insignifiante et futile qui contrastait avec l’horreur de la souffrance irréversible. L’injustice des destins massacrés auquel le pouvoir opposait l’autosatisfaction de ses institutions impuissantes me parut flagrante.
Le garde-chasse venait de m’inspirer la réponse qu’il me fallait et je lui rétorquai sans attendre : « Quand l’Etat que vous représentez tiendra en laisse les crapules du royaume, je tiendrai en laisse mon chien qui ne fait de mal à personne ».
Cinglante, la phrase ébranla l’homme au petit pouvoir, qui sortit de la poche intérieure de son veston l’ultime argument qu’il lui restait. Il tourna de son calepin quelques pages écornées pour se donner une contenance et pointa son stylo sur une feuille vierge, prêt à verbaliser. Comme pour se justifier encore, avant de m’inviter à décliner mon identité, il ironisa : « le gibier est sous la protection de l’Etat ».
Rebondissant d’imagination, je rétorquai en le toisant : « Médiocre Etat qui protège mieux le gibier que les enfants… ».
Indifférent à ses injonctions, je poursuivis mon chemin, l’âme triste et le cœur lourd…
Madame Danièle JOUINEAU, « la femme de mon pote », m’a prié de vous exposer sur un ton divertissant une tranche de vie d’un Français chez les Belges.
Il y a quelques vingt ans de cela, FRANCOIS avait été invité par la direction de la multinationale anglaise DUNLOP à rejoindre le personnel d’encadrement de la Société familiale belge COLMANT-CUVELIER TOURNAI dont elle venait de faire l’acquisition.
FRANCOIS constituait aux yeux de sa hiérarchie le candidat idéal pour une mission hautement périlleuse en territoire belge : il parlait impeccablement le Français et l’Anglais, il était doué d’un sens inné de la diplomatie, les chiffres n’avaient pas de secret pour lui et il disposait de hautes qualités humaines.
Une chose avait toutefois échappé à la perspicacité des anglais : les belges ne parlent pas le Français. Les belges pour moitié parlent flamand, l’autre moitié parle le « belche » et la « troisième moitié » parle le Brusseleer.
Ce triple handicap rendit la mission de FRANCOIS plus difficile et ses succès d’autant plus méritoires, surtout que le personnel manifestait au début une certaine hostilité. Exemple : « God verd…, wij hebben aan de Engelsen gezegt dat het onmogelijk was voor Belgen, samen met een fransman van Frankrijk te kunnen werken en dat wij geen les willen horen van deze fransman die bovendien onze taal niet kan spreken…. »
Traduction libre en Brusseleer : « Potferdek, t’es pas un peu zot, vous autres toi, les Anglais qu’on leur a dit une fois, et même deux fois et même dix fois. Alleï, dis, fieu, tu l’as vu avec son beau costard et sa malette avec sa latte qui dépasse. Il y a un stûût, avec ce castard de franscillon, qu’on va se mettre tous en rot volle gaz. On ne veut quand même pas d’un snotneus et d’un dikke nek pour travailler avec. On peut tirer son plan tout seul, sans ce babelaar de Français. Te faut pas croire que ce manneke qui arrive ici en stoemmeling avec tout son brol et ses carabistouilles, il va venir faire la loi chez moi. »
Traduction libre et abrégée en bon français : « FRANCOIS, va te faire foutre ».
Mais FRANCOIS de façon toute naturelle surmonta cet obstacle linguistique et obtint en peu de temps l’estime de tous.
L’intégration se fit d’ailleurs au-delà du cercle professionnel. Le couple JOUINEAU se fit des amis en Belgique. Certaines de ces relations franchissent encore le temps et l’espace.
C’est avec ces relations belges que DANIELE et FRANCOIS ont appris les particularités de langage en usage en Belgique qu’on appelle plus communément les Belgicismes, au décalage parfois dangereux. Nous allons passer en revue quelques-uns de ces mots et expressions en espérant qu’ils ressusciteront chez DANIELE et FRANCOIS d’agréables et savoureux souvenirs.
En Belgique, tu dînes à midi. Le belge ne dîne pas au restaurant ; il dîne à l’hôtel. Tu vas comprendre pourquoi tantôt. Le maître d’hôtel, il ne te demande pas ton vestiaire. Il te dit de te mettre à ton aise. Et tu te mets à ton aise, comme il te dit. Mais tu le fais surtout pas comme en France, hein ! Ensuite tu attends que l’on t’invite à t’asseoir à table. En France, on te dit « asseyez-vous » ou « assoyez-vous ». En Belgique on ne dit pas comme ça. On te dit « mettez-vous, seulement ». Alors tu te mets seulement, tu donnes une dringuelle au maître d’hôtel et tu ne regardes pas trop la monnaie que tu sors de ta sacoche.
Je te donne à pouf un menu classique en Belgique, comme FRANCOIS ET DANIELLE ils savent bien : on t’apporte d’abord un Waterzooï dans des assiettes profondes avec une cuisse de poulet et son os qui dépasse, et des carottes et des poireaux et des pommes de terre, que tu as tout dedans et que tu dois pas chipoter. Par après, on met sous ton nez des oiseaux sans tête avec de la sauce dans un poêlon, avec de la salade de blé et avec du pain français. Des oiseaux avec tête, ça tu ne peux pas avoir mais si tu n’aimes pas les oiseaux sans tête, et que tu le demandes à ta kotmadame gentiment, tu peux avoir un filet américain, des carbonnades flamandes qu’on t’apporte dans une casserole avec des maniques. Tu peux avoir aussi des chicons ou un cervelas avec de la pape, ainsi qu’un pistolet avec une plotch de beurre et une rawette de confiture ou une couque au raisins comme on donne aux enfants pour leur quatre heures à l’école. A Bruxelles, tu peux demander des ballekes, avec des frites qu’on écrase dans la sauce tomate et le picallili à la fin….
Pour étancher ta soif, on te donne une pils. ou une bonne pinte. Une pinte, c’est une bière qu’on appelle aussi un demi. Mais attention, le demi en Belgique, ça vaut un quart de la quantité en France. En Belgique, un bon belge habitué, il peut en boire huit comme ça. Mais toi le Français, si tu bois huit pintes belges, tu attrapes une douffe et tu te roules par terre comme une jouette et tu fais des cumulets.
Attention : les huit bouteilles qui avaient tes pintes dedans, tu ne les jettes pas. Tu ne les jettes pas. Ca s’appelle des vidanges. Tu donnes tes vidanges au marchand et il te donne de l’argent. Avec huit vidanges tu peux te payer encore une pinte, et ainsi de suite….
Pour ton dessert tu reçois de la maquée avec une jatte de café, du craquelin et du cramique. Pour les goulafres il y a aussi des nic-nac, des babeluttes et des cuberdons. Tu ne demandes pas de la glace, parce que le peï, surtout à Bruxelles, il va t’apporter des glaçons. Si tu veux de la glace, tu lui demandes un frisko.
Si tu es fumeur, après le repas n’appelle pas le maître d’hôtel pour qu’il te donne un cigare. Parce que chez les Belges, donner un cigare, cela veut dire « faire une réprimande ».
Si tu dois te soulager à la fin du repas pour éliminer toutes les bières que tu as bues, tu ne demandes pas au maître d’hôtel qu’il te montre où se trouvent les toilettes. Parce que tu vas te faire remarquer et les gens tout autour, ils vont rire de toi parce que tu causes pas comme eux. En Belgique on ne va pas aux toilettes mais on va à la toilette.
Quand il a bien mangé et qu’il est content, le Belge, il ne fait pas une bise ou un bisou pour lui dire merci à sa femme qui fait bien la cuisine; il lui fait une baise, ou, selon les région de Belgique, il lui fait une bonne baise ou bien il lui fait une grosse baise. Quand il amène sa moukère à l’extérieur pour qu’elle doit pas faire la cuisine à la maison, tu comprends maintenant pourquoi il va à l’hôtel et pas au restaurant : il peut faire d’une pierre deux coups. Si c’est la femme de ton pote qui a fait la cuisine, tu peux aussi lui faire une grosse baise. Mais tu le dis pas à ton pote s’il ne comprend pas le belge, parce qu’il va tout comprendre de travers et qu’il va te donner un cigare.
Moi, mon pote, il s’appelle FRANCOIS et j’ai de la chance : il comprend le Belge.
Bon anniversaire FRANCOIS. Et merci, DANIELLE ET FRANCOIS, pour cette aimable invitation.
MARIE-PAULE ET GUY 9 septembre 2006
Bonjour, Yvette et merci pour ton commentaire. Il me paraît de plus en plus évident que nous avons eu une... read more
on LE PARADIS A LA PORTEE DES GENS LOIN DES NIAISERIES MUSICALES QUI LES FONT FUIR DES EGLISES